Histoire de la retraite
Des dispositifs de retraite
existent depuis longtemps. De la charité de l’antiquité et de
l’Ancien régime, aide verticale des plus riches aux plus pauvres,
on passe progressivement, au cours des siècles, à la bienfaisance,
puis à la solidarité, aide horizontale, reposant sur la réciprocité et
l’égalité de traitement des bénéficiaires.
La première caisse de retraite est instaurée en France en
1673, au bénéfice des équipages de la marine royale.
Fin XVIIIe siècle, le dispositif est étendu aux fonctionnaires,
puis aux militaires en 1831. Pour le privé, les premiers dispositifs
datent de 1804, avec les Caisses de secours mutuels, crées par les
ouvriers, et subventionnées par l’Etat à partir de
1898. Volontaires, assises sur l’épargne personnelle, elles
sont soumises à divers aléas, entre autres boursiers. Ruinées
par la première guerre mondiale, ce n’est qu’en 1930
que les Assurances sociales en prendront le relais. Réservé jusques
là aux bas revenus, le système devient la Sécurité Sociale
en 1945, ouverte à tous, permettant d’« assurer à tous
les citoyens des moyens d’existence dans tous les cas où ils
sont incapables de se les procurer par le travail, avec une gestion appartenant
aux intéressés et à l’Etat », ainsi qu’une
retraite « permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs
jours ». Basé sur la solidarité entre les générations,
elle se veut universelle, même si les non-salariés (professions
libérales, commerçants, paysans, artisans, etc.) qui s’en
retirent en 1948 et organisent leurs propres systèmes. Insuffisante
cependant, la retraite servie par la Sécurité sociale est
complétée, à partir de 1947, par des « caisses
complémentaires » qui, branche par branche, améliorent
la situation des retraités.
